15/05/2017
Auteurs romantiques
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ALFRED DE MUSSET : LORENZACCIO (1834)
Thème
Florence vit sous la tyrannie d'une brute débauchée et sanguinaire : le duc Alexandre, bâtard des Médicis, qui s'appuie sur les troupes de Charles-Quint. La pièce ressuscite cette Florence du XVIe, les vices d'Alexandre, l'avidité des marchands, l'indignation du peuple, la conjuration des grandes familles. Lorenzo de Médicis s'appelle avec mépris Lorenzaccio.

Résumé
Drame en prose Inspirée de l'histoire de Florence au temps des Médicis Lorenzo, jeune cousin du duc régnant, Alexandre de Médicis, personnage bouffon et de lâche, Lorenzaccio médite en secret l'assassinat d'Alexandre, qui doit libérer sa patrie et porter au pouvoir les républicains. Pour ce faire, il renonce à son honneur et à sa réputation il s'insinue dans les bonnes grâces du tyran et se met au service de ses caprices. Mais le geste de Lorenzaccio, dérisoire, n'aura pas d'autre effet que de faire basculer le pouvoir aux mains d'un autre clan, et n'entraîne aucun changement politique radical. Honni, calomnié, le jeune homme voit sa tête mise à prix et s'offre lui-même au couteau de ses assassins. Il se trouve du même coup renvoyé aux oubliettes de l'histoire et à la vanité désespérante de l'action politique.
Cette réflexion amère et cruelle sur la vanité de toute action humaine est une transposition limpide des sentiments de l'auteur sur la révolution ratée de Juillet 1830. Figure emblématique de l'imaginaire musicien, Lorenzaccio, prisonnier du masque de vice par lequel il comptait s'élever à la vertu d'un acte héroïque, est sans doute une des figures les plus marquantes du théâtre français.

Extraits
Philippe : Pauvre enfant, tu me navres le cœur ! Mais tu es honnête, quand tu auras délivré ta patrie, tu le redeviendras.
Lorenzo : Il est trop tard. Je me suis fait à ce métier. Le vice a été pour moi un vêtement ; maintenant il est collé à ma peau. Je suis vraiment un ruffian, et quand je plaisante sur mes pareils, je me sens sérieux comme la mort au milieu de ma gaieté. Brutus a fait le fou pour tuer Tarquin, et ce qui m'étonne en lui, c'est qu'il n'y ait pas laissé sa raison. Profite de moi, Philippe, voilà ce que j'ai à te dire ; ne travaille pas pour la patrie.
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