18/01/2016
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CHATEAUBRIAND : LES MARTYS (1809)

Thème
Ce roman historique veut prouver que le christianisme se prête mieux que paganisme, à l'emploi du merveilleux, au développement des caractères et au jeu des passions dans l'épopée. Eudore, officier chrétien de l'armée romaine, raconte ses voyages et ses amours, avant de périr dans l'arène en compagnie de son épouse Cymodocée, une jeune Grecque convertie par lui. C'est le parcours initiatique d'un jeune homme qui, de l'indifférence religieuse, s'élève jusqu'au zèle vertueux du martyr.
Chateaubriand a beaucoup mis de lui-même dans son héros un peu volage et dans ses souvenirs de campagnes, ce qui donne une tonalité très juste à certaines pages rappelant la Bretagne ou la campagne des Ardennes. Napoléon transparaît derrière Galérius, et l'infâme Hiéroclès fait penser à Fouché. L'épisode le plus fort des Martyrs est certainement celui des amours d'Eudore et de Velléda, la druidesse gauloise. Avec cette figure, Chateaubriand met en scène, encore une fois, la tentation qui rapproche deux amants de cultures différentes et, pour une fois, la transgression de l'interdit.

Les Martyrs, l'épopée au service de la foi
Le récit d'Eudore
Sous Dioclétien, (IIIème siècle après Jésus-Christ), en Messénie, l'aède Démodocus, prêtre d'Homère dont il est le descendant, élève sa fille Cymodécée dans les vertus païennes et l'a consacrée aux muses. Eudore, fils de Lasthénès a été envoyé, tout jeune, comme otage à Rome : il a oublié sa religion et mené une vie de plaisirs, en compagnie d'autres jeunes gens intelligents et instruits, Constantin, Jérôme, Augustin. Survint la campagne de Batavie contre les francs : Eudore y prend part et est blessé. Nommé gouverneur de l'Armorique, il conquiert l'amour de la druidesse Velléda, qui, découverte, se coupa la gorge avec une faucille d'or. Bouleversé, il fit pénitence et obtint sa retraite de Dioclétien et put regagner la Grèce.
Les amours et les martyrs d'Eudore
Au ciel, Dieu, parmi les bienheureux et les anges, a décidé qu'Eudore et Cymodocée ont une mission historique à remplir. Cymodécée s'éprend d'Eudore et son père l'autorise à se convertir pour l'épouser. Mais la persécution éclate contre les chrétiens ; Dioclétien publie un redoutable édit. Eudore accourt à Rome pour défendre ses coreligionnaires ; il est arrêté par Hiéroclès, premier Ministre du nouvel empereur Galérius. Cependant Hiéroclès tente de négocier la grâce d'Eudore auprès de Cymodécée ; mais Cymodécée se déclare chrétienne et elle est arrêtée à son tour. Eudore est condamné à mort ; lorsqu'il entre dans l'arène, Cymodécée le rejoint pour partager son sort et sa gloire.

Extraits
La druidesse Velléda

Sa taille était haute ; une tunique noire, courte et sans manches, servait à peine de voile à sa nudité. [...] La blancheur de ses bras et de son teint, ses yeux bleus, ses lèvres de rose, ses longs cheveux blonds qui flottaient épars, annonçaient la fille des Gaulois, et contrastaient, par leur douceur, avec sa démarche fière et sauvage. Elle chantait d'une voix mélodieuse des paroles terribles, et son sein découvert s'abaissait et s'élevait comme l'écume des flots. »

Rencontre d'Eudore et Cymodécée.

Une source d'eau vive, environnée de hauts peupliers, tombait à grands flots d'une roche élevée ; au dessus de cette roche, on voyait un autel dédié aux Nymphes, où les voyageurs offraient des vœux et des sacrifices. Cymodécée allait embrasser l'autel, et supplier la divinité de ce lieu de calmer les inquiétudes de son père, lorsqu'elle aperçut un jeune homme qui dormait, appuyé contre un rocher.

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