18/01/2016
Auteurs romantiques

CHATEAUBRIAND : RENE (1802)



Thème
Chateaubriand veut peindre dans le personnage principal "René", l'homme civilisé qui s'est fait sauvage. Chateaubriand rêve à l'amour avant d'aimer et son rêve s'égare sur des chimères. Ce vague des passions est le mal de l'homme moderne.

Résumé
René ou les effets de la passion

Après le récit de Chactas, René prend la parole, et pour expliquer à ce vieil indien l'origine de son incurable mélancolie, conte à son tour, l'histoire de ses jeunes années. Après une enfance emplie par des rêveries passionnées, après des voyages qui lui ont fait prendre conscience de son isolement au milieu des hommes, après plusieurs années d'exaltation et de délire passés en compagnie de sa soeur Amélie, il s'est décidé à quitter la France pour l'Amérique, cependant qu'Amélie alarmée par la tendresse trop vive qu'elle portait à son frère se retire au couvent. René est une autobiographie et une fiction romanesque. L'enfance rêveuse du héros ressemble beaucoup à celle de François-René de Chateaubriand. Le mal de "René", ce "vague" des passions, semble être la peinture d'un état d'âme réellement éprouvé par l'auteur lors de son adolescence, et aussi dans la solitude de son exil à Londres et le refoulement de son impossible amour pour la jeune Charlotte Ives.

Extraits
.../Le jour je m'égarais sur de grandes bruyères terminées par des forêts. Qu'il fallait peu de chose à ma rêverie : un feuille séchée que le vent chassait devant moi, une cabane dont la fumée s'élevait de la cime dépouillée des arbres, la mousse qui tremblait au souffle du nord sur le tronc d'un chêne, une roche écartée, un étang désert ou le jonc flétri murmurait ! Le clocher solitaire, s'élevant au loin dans la vallée, a souvent attiré mes regards ; souvent j'ai suivi des yeux les oiseaux de passage qui volaient au-dessus de ma tête. Je me figurais les bords ignorés, les climats lointains où ils se rendent ; j'aurais voulu être sur leurs ailes. Un secret instinct me tourmentais ; je sentais que je n'étais moi-même qu'un voyageur ; mais une voix du ciel semblait me dire : "homme, la saison de ta migration n'est pas encore venue ; attends que le vent de la mort se lève, alors tu déploieras ton vol vers ces régions inconnues que ton coeur demande."
Levez-vous vote, orages désirés qui devez emporter René dans les espaces d'une autre vie !
Ainsi disant, je marchais à grands pas, le visage enflammé, le vent sifflant dans ma chevelue, ne sentant ni pluie ni frimas, tourmenté, et comme possédé par le démon de mon coeur.

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