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Thème
René
apparait comme une confession voilée.
"Aujourd'hui il n'y a plus rien de possible car les chimères
d'une existence active sont aussi démontrées que les chimères
d'une existence inoccupée...Pour peu qu'on ait vécu, on
a vu passer bien des morts emportant leurs illusions. Heureux celui dont
la vie est tombée en fleurs !"
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Résumé
L'ouvrage lui a été demandé avec insistance par l'abbé
Séguin, son confesseur. Il retrace en quatre livres la jeunesse
mondaine, la maturité austère et la vieillesse d'un
religieux du XVIIIème siècle qui bouleversé par
la mort d'une femme aimée s'est converti à 37 ans puis retiré
à La Trappe, et qui par son apostolat, sut restaurer dans
son monastère la plus stricte observance de la règle. Chateaubriand
retrouve, à chaque étape de cette existence, une image de
sa propre vie : mêmes rêves d'aventures, même
expérience de la douleur, mêmes remords, même désir
de conversion. La pensée de la mort hante l'ouvrage comme elle
hante Chateaubriand vieillissant. Trop peu minutieux sur le plan historique,
il parlait autant de l'auteur que de Rancé. Égrenant les confidences et
les souvenirs, ressuscitant trop bien les prestiges et l'esprit du Grand
Siècle, l'ouvrage est effectivement plus d'un conteur que d'un
pénitent, et c'est là son charme. Mais on a tort de le croire d'un vieillard
épuisé qui jette en désordre ses dernières pensées. Fidèle à sa méthode
consistant à regarder le passé pour comprendre le présent et y lire l'avenir,
Chateaubriand tente une ultime confrontation de son temps avec le XVème
siècle. Le parallèle entre Louis XIV et Napoléon s'affine, les comparaisons
abondent, les jugements se font plus tranchés que jamais. Le portrait
du Cardinal de Retz, « vieil acrobate mitré,
prétendu homme d'État [qui] ne fut qu'un homme de trouble »,
est un prétexte pour satisfaire une vieille rancoeur contre Talleyrand.
Le monde moderne n'est pas toujours inférieur au siècle de Louis XIV «
nous n'allons pas à la cheville de ces gens-là
», néanmoins Madame Sand l'emporte
sur Mademoiselle de Scudéry ; mais hélas, «
[elle] fait descendre
sur l'abîme son talent », et « l'insulte
à la rectitude de la
vie ne saurait aller plus loin ».
La nostalgie du temps passé, si elle existe ici, puise dans le dégoût
du monde moderne. Des images étonnantes surgissent, et créent un univers
fantastique : les surréalistes se l'approprieront. «
La vieillesse est une voyageuse de nuit : la terre lui est cachée ; elle
ne découvre plus que le ciel. ». La Révolution est une «
piscine de sang où se lavèrent les immoralités qui avaient souillé la
France ». Par-delà son époque, c'est encore la vie que contemple
et juge le vieil écrivain. Des leitmotive des Mémoires
sont repris : l'amertume de survivre, la fausseté de
l'amour, la vanité du bonheur -ce qui n'empêche pas le souvenir
nostalgique des jours heureux et des femmes aimées de passer parfois dans
ces pages.
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Extraits |