18/08/2013
Auteurs romantiques
Accueil
Suite
GERARD DE NERVAL : PANDORA (1853)

Thème
Pandora et Aurélia
sont de chair et de sang, de lumière et d'horizons :
Pandora évoque un monde de théatre alors qu'Aurélia nous plonge au-delà de la vie à la recherche d'une figure mystique et salvatrice. Plus qu'un voyage, c'est une odyssée. Voyant parmi les visions fugaces de femmes disparues, d'ancêtres regrettés, de paysages merveilleux et inconnus Gérard de Nerval nous entraine dans les méandres de son âme et de sa folie. A travers son regard, nous vivons ses hallucinations. On pense être dans le réel, erreur, le réel n'est que la fusion du rêve et de la vie.
Vocabulaire :
Pandore
Dans la mythologie grecque, est la première femme selon Hésiode. Héphaîtos la créa avec de la terre et de l'eau. Epiméthée l'épousa malgré l'interdiction de son frère Prométhée. Lorsque Pandore ouvrit la jarre que Zeus lui avait confiée après y avoir enfermé tous les maux, ceux-ci se répandire sur terre et seule l'espérance resta au fond. La boîte de Pandore désigne, ce qui, malgré sa belle apparence peut causer bien des maux.
Prométhée
Dans la mythologie grecque, c'est le prévoyant, celui qui connait l'avenir, le sien mais aussi celui de Zeus qui sera renversé. Eternel opposant à Zeus. il aurait dérobé le feu du ciel jalousement gardé par les dieux pour l'apporter sur terre et permettre aux hommes de compenser les insuffisances de la nature. Dans sa colère Zeus affligea l'humanité des maux contenus dans la boite de Pandore et fit attacher Prométhée par Héphaîtos ( fils de Zeux)sur la plus haute cime du Caucase où un aigle lui dévorait le foie qui sans cesse repoussait. Prométhée enchaîné est un drame d'Eschyle.

Résumé
Au mythe d'Aurélia qui divinisait la femme, s'oppose le mythe de Pandora, qui la dénonce comme l'instrument de tout le malheur humain. Le bref récit en prose intitulé Pandora et rattaché par les éditeurs contemporains aux Filles du feu donne à penser que l'idéal contemplé à la fin d'Aurélia s'est évanoui et que le songeur désenchanté a été rendu à sa détresse. Si la première partie de Pandora, rédigée en 1853, est écrite avec une verve désinvolte, la seconde, achevée sans doute en 1854, atteste le désarroi sentimental et la débâcle intellectuelle de l'écrivain. Au mythe d'Aurélia, qui divinisait la femme, s'oppose le mythe de Pan- dora, qui la dénonce comme l'instrument de tout le malheur humain. Gérard de Nerval, qui s'est identifié en pensée à Faust, à Adoniram, à Orphée, se compare au plus pitoyable parmi ces héros de la connaissance, à Prométhée, le titan vaincu, humilié dans son orgueil et meurtri dans sa chair, qui, le flanc déchiré, attend dans l'angoisse l'heure incertaine de la délivrance.

Extraits
Début de l'oeuvre
Vous l'avez tous connue, ô mes amis ! la belle Pandora du théatre de Vienne. Elle vous a laissé sans doute, ainsi qu'à moi-même, de cruels et doux souvenirs !
.../ Fin de l'oeuvre
Je n'ai revu la Pandora que l'année suivante, dans une froide capitale du Nord. sa voiture s'arrêta tout à coup au milieu de la grande place. Te voila encore, enchanteresse, m'écriai-je, et la boîte fatale qu'en as-tu fait ?. Où as tu caché le feu du ciel que tu dérobas à Jupiter ?. Je ne voulus pas répondre Ö Jupiter ! quand finira mon supplice.

Accueil