18/01/2016
Auteurs romantiques

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VICTOR HUGO : La légende des siècles (1859)

Thème
C'est l'histoire de l'Humanité concue non par un savant attaché à la vérité des faits mais par un poète attaché à la vérité symboloque des mythes. Un fil relie entre eux tous ces poèmes, le fil mystérieux du labyrinthe humain, le progrès. L'ascencion ne va pas sans difficulté car le mal mène une lutte perpétuelle contre le bien. L'humanité relève toujours la tête grâce aux héros qui la servent.

Résumé
1ère série : L'épopée de l'humanité
Les poèmes de la premièr section, "d'Eve à Jésus" sont inspirés surtout de la bible. Dans le Sacre de la Femme, on assiste à la naissance de la race humaine. L'histoire de Cain (La Conscience) symbolise l'éveil du sens moral ; celle de Daniel (Les Lions), celle des Booz (Booz endormi) évoquent des héros investis par Jéhovah d'une mission divine. Première Rencontre du Christ avec le tombeau célbre le message évangélique. A un poème unique sur Rome (Au Lion d'Androclès) succèdent plusieurs poèmes sur l'Islam, où appararaît la figure de Mahomet (Le Cèdre), L'An Neuf de l'Hégire). Puis s'ouvre le cycle "héroique chrétien" et celui des "chevaliers errants" : aux souvenirs de la mythologie scandinave(Le Parricide) s'associent ceux des légendes espagnoles (Bivar), germaniques (Eviradnus), françaises (Le Mariage de Roland, Aymerillot, Le Petit Roi de Galice). Le poète médite ensuite sur les "trônes d'Orient" (Zim Zizimi, Sultan Mourad) et représente dans le cycle consacré au tyran Ratbert, l'Italie à la fin du Moyen-Age. C'est ensuite le "seizième siècle" : grâce à la renaissance revit l'audacieux esprit du paganisme, et Le Satyre symbolise le génie humain à la conquète de l'Univers ; mais ce siècle est aussi celui de l'inquisition et de la tyrannie espagnole (La Rose et l'Infante).
Un seul pôème est consacré au "dix-septième siècle" (Le Régiment du Baron Madruce) ; et aussitôt nous voici transportés au "temps présent" : dans Après la bataille, Le Crapaud, Les Pauvres gens, Paroles dans l'epreuve, lme poète adresse aux hommes un message de bonté et de confiance. Enfin une section "vingtième siècle" contient le double poème mythique Pleine Mer-Plein Ciel ; et le recueil s'achève "hors des temps" avec La Trompette du Jugement.

2ème série (1877)
I. La terre II. Suprématie III. Entre géants et dieux IV. La ville disparue V. Après les dieux, les rois VI. Entre lions et rois VII. Welf, Castellan d'Osbor IX. Avertissements et châtiments X. Les Sept merveilles du monde XI. L'Epopé du ver XII. Le Poète au ver de terre XIII. Clarté d'âmes XIV. Les chutes XV. Le Cycle pyrénéen XVI. La Comète XVII. Changement d'horizon XVIII. Le Groupe des Idylles XIX. Tout le passé et tout l'avenir XX. Un poète est un monde XXI. Le Temps présent XXII. L'Elégie des fléaux XXIII. Les Petits XXIV. Là-haut XXV. Les Montagnes XXVI. Le Temple XXVII. A l'homme XXVIII. Abîme

Morceaux choisis
VI Booz endormi
Pendant qu'il sommeillait, Ruth, une moabite,
S'était couchée au pieds de Booz, le sein nu,
Espérant on ne sait quel rayon inconnu,
Quand viendrait du réveil la lumière subite

Booz ne savait point qu'une femme était là,
Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d'elle,
Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèle ;
Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.

L'ombre était nuptiale, auguste et solennelle ;
Les anges y volaient sans doute obscurément,
Car on voyaiot passer dans la nuit, par moment,
Quelque chose de bleu qui paraissait une aile.

La respiration de Booz qui dormait
Se m^lait au bruit sourd des ruisseaux sur la mousse.
On était dans le mois où la nature est douce,
Les collines ayant des lys sur leur sommet.

Ruth songeait et Booz dormait ; l'herbe était noire ;
Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;
Une immense bonté tombait du firmament ;
C'était l'heure tranquille où les lions vont boire.

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