25/07/2013
Auteurs romantiques

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BIOGRAPHIE DE GERARD DE NERVAL


Gérard der Nerval

Gérard de Nerval, de son vrai nom Gérard Labrunie est né à Paris le 22 mai 1808 et mort, à l'âge de 47 ans, le 26 janvier 1855. Fils d'un médecin militaire, Étienne Labrunie, et de Marie-Antoinette Laurent fille d'un marchand linger de la rue Coquillière, Gérard de Nerval est né à Paris, au 96 rue Saint-Martin. Il est envoyé quelques mois plus tard chez une nourrice à Loisy, près de Mortefontaine dans l'Oise. Son père, est nommé le 8 juin suivant médecin militaire adjoint à la Grande Armée, et attaché, le 22 décembre, au service de l'armée du Rhin. 2 ans après sa naissance, le 29 novembre 1810, sa mère meurt à Głogów, en Allemagne (Silésie) alors qu’elle accompagnait son mari. De 1808 à 1814, Gérard est élevé par son grand-oncle maternel, Antoine Boucher, dans l'oise à Mortefontaine, dans la campagne du Valois, à Saint-Germain-en-Laye et à Paris. En parcourant les forêts et en écoutant les récits légendaires de sa province, il prend l'habitude de la rêverie. Les paysages du Valois servent de cadre réaliste, folklorique et idéalisé à la plupart de ses récits de fiction. Au printemps 1814, le docteur Labrunie retrouve la vie civile et s'installe avec son fils à Paris, au 72, rue Saint-Martin. Gérard reviendra régulièrement dans ces lieux évoqués dans nombre de ses nouvelles. A Paris, en 1822, il entre au collège Charlemagne, où il a pour condisciple Théophile Gautier avec lequel il se lie d'amitié. Il se montre un élève studieux. C'est en classe de première (année scolaire 1823-1824) qu'il compose son premier recueil resté manuscrit de 140 pages : Poésies et Poèmes par Gérard L. 1824 qu'il donne plus tard à Arsène Houssaye en 1852. Ses premiers textes littéraires sont des élégies inspirées par l'épopée napoléonienne (Napoléon et la France guerrière, élégies nationales, 1827). Il a déjà écrit, sous le nom de Gérard L. un panégyrique de Napoléon Ier : Napoléon ou la France guerrière, élégies nationales, publié chez L'advocat et réédité en 1827 par Touquet. L'année suivante, il écrit deux Épîtres à Monsieur Duponchel caché sous le pseudonyme de Beuglant. Dès juillet 1826, il se lance dans la satire à la suite du scandale de l'Académie française qui a préféré Charles Brifaut à Alphonse de Lamartine. Il compose alors une Complainte sur l'immortalité de Monsieur Briffaut (orthographe de l'auteur), puis une pièce dans le même esprit : L'Académie ou les membres introuvables, ce qui lui valut d'être recalé au concours de l'Académie en 1828. En 1828, imprégné de culture germanique, il révèle à ses contemporains les maîtres qu'il aime et qu'il imite, Goethe dont il traduit le Faust. À la même époque, il se fait journaliste, se lie avec les principaux écrivains romantiques du Cénacle (Hugo, Nodier, Petrus Borel, etc.) et, se mêle à la bohème littéraire de l'époque qui donne bals, soupers, fétes costumées, Petits châteaux de Bohème. Il prend une part active, aux côtés de son ami Gautier, à la fameuse bataille d'Hernani. En 1834, il rencontra l'actrice et chanteuse Jenny Colon, pour laquelle il se prend d'une passion désespérée sans succès. Désespéré par le mariage de Jenny avec un flûtiste en 1838. Nerval qui lui conserve une image idéale tente de trouver une consolation dans les voyages, en Allemagne puis en Autriche. La lecture du second Faust qu'il traduit en 1840 le persuade que comme Faust il a chéri sous une apparence humaine, l'incarnation fragile d'un éternel féminin. Son exaltation aboutit en 1841 à une crise très grave, il est soigné pour troubles mentaux pendant 6 mois dans une maison de santé, la clinique du docteur Blanche. Momentanément guéri, il apprend la mort de Jenny Colon en 1842, le souvenir de la morte s'estompe et elle lui apparaît désormais. Dans les pays d'Orient (Égypte, Liban, Rhodes, Syrie, Turquie) qu'il va visiter en 1843, il poursuit sa chimère et des aspirations religieuses se mêlent au rêve sentimental. Il étudie les mythologies, la Vénus grecque, l'Isis égyptienne. Mais une nouvelle crise survient en 1851 et il doit être interné à plusieurs reprises. Il publie L'artiste, La Bohème galante, Lorely, Les nuits d'octobre (1852). A partir de 1853 les périodes d'équilibre alternent avec les périodes de délire. Après sa dernière hospitalisation (mai à octobre 54), il traîne une existence misérable. On le découvre à l'aube du 25 janvier pendu dans une ruelle parisienne. Il a transcrit avant de mourir les principaux épisodes de sa tragique aventure, ses œuvres les plus émouvantes, SylvieLes ChimèresAurélia et enfin Pandora qui nous révèlent comment son rêve a pris naissance s'est épanoui et épanché dans la vie réelle jusqu'à désorganiser sa représentation du monde. Il publie Les Filles du feu Chaque nouvelle des Filles du feu porte le nom d'une femme, à la fois réelle et mythique («Angélique», «Sylvie», «Octavie», «Isis», «Corilla»). Le cadre des premiers de ces récits, «Sylvie» et «Angélique», est le Valois, tandis que les derniers se déroulent en Italie. Tous ces textes font néanmoins le récit de la quête d'une figure féminine perdue,femme, déesse, fée ou sainte, qui finit par s'incarner dans l'Isis mystique des cultes ésotériques. Le recueil les Chimères regroupe des sonnets («El Desdichado», «Myrtho», «Delfica», «Artémis», «le Christ aux oliviers») enchâssant, dans une métrique presque classique, des images et des symboles hermétiques : à ce titre, ce recueil est exemplaire de la recherche mystique du poète, recherche marquée par un syncrétisme religieux qui combine christianisme et paganisme dans une mystique personnelle. Aurélia dernière œuvre de Nerval est le récit en prose d'un voyage onirique, «épanchement du songe dans la vie réelle», qui dépeint «les impressions d'une longue maladie qui s'est passée tout entière dans les mystères de l'esprit». Dans cette œuvre, il a tenté de rendre compte d'une de ses expériences «surnaturalistes» ou «surréalistes», au cours desquelles les frontières entre le rêve et la réalité se brouillent. C'est d'ailleurs Aurélia qui lui valut d'être considéré par les surréalistes comme un précurseur.

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